Biographie

 

 

Castelsarrasin

 

 

Fils d’Ambroise Izard et de Marguerite Guandoulas, Maurice est né le 3 septembre 1930 à Carmaux. Sans doute serait-il né à Albi où ses parents exerçaient leur profession dans la couture (tailleur et culottière) si une pneumonie n’avait atteint son père et fortement inquiété sa mère. Ambroise doit  alors changer de métier . Dès 1932, ils achetèrent un fonds de commerce d’épicerie, à Castelsarrasin, à l’angle de la grande rue de la Fraternité (numéro 5) et de la rue transversale de l’Union. Maurice avait donc 2 ans. Au numéro 11 de la même rue, soit trois maisons plus loin, était né Jean Boutonnet, en 1931. En face de l’épicerie, au numéro 16, était né en 1929, Guy Laborderie. La vie ne séparera jamais totalement ces trois voisins.

 

Enfant calme, Maurice était peu enclin à sortir dans la rue et fréquenter très souvent de nouveaux camarades. Sans être totalement isolé ni enfermé, il passait « dedans » des heures que d’autres, bruyamment, sous ses fenêtres, utilisaient à jouer en totale liberté. L’entrée à l’école primaire et la naissance de son frêre, Claude, né le 21 janvier 1939, relâcha un peu cette étreinte. La guerre éclata, entraînant une activité commerciale plus lourde et plus compliquée : restrictions, cartes et tickets d’alimentation, contrôles de ravitaillement, etc.… Même si Maurice participait davantage aux jeux de la rue, sa liberté ne fut jamais totale. Il avait des limites d’espace et de temps qu’il ne pouvait franchir….qu’il ne voulait peut-être pas franchir. Aux ébats, aux combats, aux courses folles des garçons de son âge, il préférait les travaux manuels et les jeux calmes. Il excellait dans les constructions, les découpages, les coloriages et les dessins. Il adorait les maquettes et fabriquait avec soin des machines à voler ou à naviguer qui laissaient béats d’admiration enfants et adultes. La pâte à modeler, le papier mâché, le plâtre et la terre glaise trouvaient, sous ses doigts, des formes et des mouvements d’une grande vérité. Ses dons ne manquèrent pas de susciter l’intérêt des artistes amateurs locaux qui l’initient de leur mieux aux techniques et celui de ses professeurs du Collège de garçons où il est entré en sixième. Pour tous, Maurice est « un cas » qui mérite examen : pourquoi ne pas l’orienter vers les Beaux Arts ? La décision n’est pas facile à prendre. Il faudra l’euphorie de la fin de la guerre, la certitude de répondre à une vocation pour que la famille Izard consente à ces sacrifices et à ce déchirement. Maurice est inscrit comme élève à l’école des Beaux Arts de Toulouse. Il a 16 ans. La formation s’étale sur cinq années, s’achève par un Concours de fin d’études agrémenté de Bourses pour continuer des études artistiques supérieures.

 


Toulouse

 

Une autre vie commence, brutalement. Maurice dispose d’une chambre dans un appartement habité, rue Peyrollières.  Son tempérament solitaire lui permet de supporter un isolement interrompu par les congés scolaires traditionnels et quelques visites des parents et amis. Heureusement il y a les cours, le travail. Elève en classe préparatoire section sculpture (avec initiation aux autres techniques) il obtient le prix de fin d’année.  Sur les conseils de ses professeurs, il effectue, dès Novembre 1947, la suite de sa scolarité dans la section peinture et décoration. Chaque année est, désormais, ponctuée de premier prix, de récompenses. Il expose à Castelsarrasin, bien sûr, et à Montauban où sa toile « Barques » (œuvre de 1948) obtient le Premier Prix. 

 

  

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« Barques » (œuvre de 1948)

  

 Car il peut tout faire Maurice Izard. Et il touche à tout. Une de ses affiches est retenue pour la salon de la sténotypie. Un projet de décor pour la façade d’un cinéma toulousain est choisi… mais ne sera pas réalisé. Ses toiles sont exposées aux Beaux Arts de Paris. Il est souvent sollicité pour réaliser des travaux sur commande, mais cède rarement : « l’art ne se commande pas, dit-il, ajoutant très vite « à moins que l’artiste y trouve matière à se perfectionner et à s’exprimer » (lettre à Jean Boutonnet 10 septembre 1950). Sans fausse modestie, il prend la mesure de ses aptitudes exceptionnelles. La confiance, l’assurance naissent d’une réussite régulière. L’amitié aussi : car « l’esprit beaux-arts » crée les conditions d’une compétition totalement libérée d’antagonismes ou de jalousie. Les artistes partagent tout, et d’abord l’amitié. Maurice, surnommé Zizi depuis longtemps, n’en manquera pas. Il approche des ses vingt ans quand il entreprend la dernière année aux Beaux arts de Toulouse. L’enjeu est important : la Bourse municipale pour les études aux Beaux Arts à Paris. Ses professeurs, Bergougnan pour la peinture et Letaudy pour les Arts appliqués comptent bien sur le succès d’un «élève qui progresse en excellence, depuis cinq ans.

 

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1948-1951: Ecole des Beaux Arts de Toulouse :

Elèves de l’Atelier de Décoration chez M Letaudy

 

Son camarade d’atelier, Jean Micoine, le dépeint ainsi : «  A l’époque Maurice était un jeune homme, sensible, très discret, roulant paisiblement ses cigarettes en nous regardant de ses grands yeux calmes. Il faisait une peinture très sage mais très goûteuse dans une matière toujours généreuse. Les dessins étaient d’un esprit très  moderne, très habile et ne notant que l’essentiel. En décoration, il voyait large et ne suivait pas les modes ».

 

Maurice Izard figure, une fois de plus, dans le palmarès des concours de fin d’année publié le 3 juillet 1951. Il obtient le premier grand prix de peinture de la ville de Toulouse (donc la Bourse municipale !), avec une toile sur le sujet « La rixe », traitée en tonalités assourdies et sans se laisser entraîner à des effets faciles relevant de l’imagerie populaire (journal Sud-Ouest). Il est aussi second prix d’art décoratif pour un panneau représentant deux hommes au bord de la mer. (Premier prix Joseph Migotto). Mais on le trouve encore 1er prix de l’atelier de peinture pour les poses peintes, 2ème prix pour les esquisses et 1er prix pour les croquis peints. Ces nombreuses récompenses révèlent, certes, les dispositions et le sérieux de l’artiste. Elles ne donnent qu’un aperçu « officiel » de son travail, car Maurice n’a jamais abandonné la sculpture et s’est initié, seul, à la tapisserie de laine. Il a essayé toutes les techniques de l’expression figurative pour en acquérir la richesse. Il a donné son temps à la fabrication de décors, d’illustrations de textes (notamment les poésies de Guy Laborderie, son voisin d’enfance, rue de la Fraternité), des calligraphies de programmes et autres prospectus. Il ne sait pas rassasier sa curiosité, ce qui le prive souvent de moments de loisirs où l’apprentissage du violon tenait une place de choix…une place qu’il a souhaité plus grande toute sa vie, en vain. Chacun, autour de lui, semble s’être mobilisé pour multiplier ces horizons. Il découvre le Tarn, les Pyrénées, la Méditerranée. Pendant cinq années consécutives, il passe ses vacances à Royan où les parents de son ami d’enfance Jean Boutonnet se sont installés, provisoirement. Arcachon, Marennes, La Rochelle, les îles de Ré et d’Oléron lui offrent des émotions particulières.


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Période 1948-1951 : Séjour à La Rochelle

 

Il découvre le Lot chez son autre ami d’enfance Guy Laborderie, dont les parents possèdent une maison de famille à Sénaillac-Lauzès, près de Labastide Murat, sur le Causse de Gramat. Les vallées du Lot et du Célé, Cahors, Figeac, Rocamadour, Cabrerets vont le marquer profondément. Si bien que ses parents achèteront une maison, à Sénaillac, celle où il finira sa vie. 

 

En juillet 1951, quand tombent les résultats des concours, Maurice Izard a atteint la maturité nécessaire pour entreprendre une carrière artistique. Il sait ce qu’il veut et ce qu’il vaut. Son succès toulousain a ouvert toutes grandes, les portes d’un avenir qu’il va pouvoir construire. Déjà deux expositions remarquées sont un heureux présage ; Galerie Chappe Lautier, 4 bis rue du poids de l’huile, puis le « Salon de la peinture estudiantine », 9 rue Mage, à Toulouse. On y trouve aussi Jean Micoine, Jean PInero, Joseph Migotto, trois condisciples, lauréats comme lui. Une toile « Port d’Arcachon », signée Izard, est achetée par le Comité Régional des Œuvres en faveur des étudiants. Elle figurait dans le bâtiment de la Faculté des Lettres en 1953.

 

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Maurice, IZARD en 1951

Autoportrait

 

Paris

 
Au printemps 1951, l’Ecole avait proposé aux élèves de dernière année un voyage à Paris. Le financement, assuré par des personnalités toulousaines, n’avait qu’une contrainte : ramener une œuvre, gouache, aquarelle ou dessin. « c’est ainsi, dit Jean Micoine, que dans les réserves des Augustins il y a une œuvre de Maurice Izard ». Le groupe d’élèves qui participa à ce voyage de découverte de la capitale était composé des futurs lauréats du palmarès de Juillet. Deux filles, dont Colette Lavigne (futur premier prix de composition et deuxième prix de maquette) et quatre garçons, Maurice Izard (bourse peinture), Joseph Migotto (bourse arts décoratifs), Jésus Pinero (1er prix arts décoratifs) et Jean Micoine (2ième prix de composition).

 

  Après la remise des prix, ce groupe vient passer un mois de vacances à Sénaillac-Lauzès, dans la maison de Maurice Izard.  « Vacances épatantes » assure Jean Micoine… Vacances exceptionnelles pour Jean Boutonnet et vacances surprenantes pour les habitants (et estivants) du village. Cette troupe d’artistes aux filles libérées et aux garçons chevelus, barbus et souvent dépenaillés défraie la chronique locale par son comportement « décontracté » et par la peinture d’un nu féminin de grande taille sur la façade de la maison. Au groupe parisien s’était jointe Pilar, une très belle fille, amie de Pinéro et Chilina, une fille sculpteur. La plupart était déjà venu en 1951, mais par petits groupes et peu de temps.

 

L’intermède lotois marque, sinon la fin, du moins l’explosion d’une équipe de copains. S’ils « montent » tous à Paris à l’automne 1951, c’est avec des idées et des aspirations différentes. Le contact cependant sera maintenu.

 

Zizi, un moment abrité chez des amis, avenue Bosquet, trouve une chambre, rue de l’exposition, « dans une de ces curieuses maisons fabriquées pour recevoir les visiteurs de l’Exposition 1900 » selon Jean Micoine qui y séjourna entre 1952 et 1954, et où Guy Laborderie avait aussi une chambre à l’étage au dessus. Dix mètres carrés, une fenêtre, l’eau et les toilettes sur le palier, c’est bien suffisant pour un boursier ! Mais pour un peintre ?


  En novembre 1951, Maurice est admis à l’Ecole Nationale dans la classe préparatoire. En Août 1952, alors qu’il est en vacances à Sénaillac-Lauzès dans la maison de ses parents, il est « découvert » par les animateurs du « Tour de France de la chance » de passage à Cahors. Ses portraits féminins, exposés dans un village voisin, ont impressionné ces personnages. « C’est un second Modigliani ! ». On le cherche, on le trouve. Il est accueilli, félicité, photographié avec deux autres talents (un compositeur et un chanteur). Les vedettes du « Gala » (comme Varel et Bally, Mary Marquet) et la presse lui laissent espérer leur appui à Paris… De belles paroles, en fait, bien réconfortantes et revigorantes mais sans lendemain. En Novembre 1953, l’atelier du Prix de Rome de peinture est confié à Leguenet, en remplacement de Dupas. Le « style » Leguenet ne convient pas à Maurice et il n’entrera pas en loge. Victime de ce « barrage anti-provincial » dont se plaint chaque année la presse toulousaine ? Victime, peut-être du refus de gommer sa personnalité pour entrer dans le moule académique proposé par le « maître » d’atelier ? Le très élogieux article d’un agrégé de l’Université de Toulouse, de Mars 1953, ne fera qu’accentuer le ressentiment. Zizi, découragé, abandonne la compétition et quitte les Beaux-Arts en 1954.

 

Plus de bourse, plus de travail et cette terrible envie, ce besoin impérieux de peindre, sculpter, s’exprimer…Rester à Paris ? Tenter la chance ? Espérer ? Survivre en attendant ? Il accepte d’entrer chez un architecte candidat aux appels d’offres pour la reconstruction des villes sinistrées. Il réalise les présentations des projets par des maquettes particulièrement réussies, notamment celle pour le Havre, où il fera une exposition personnelle très remarquée (Galerie Hamon 1955).

 

« Il en est qui se rendent à une exposition pour voir des haillons surprenants ou des enfants croquant des pommes blettes pour la nécessité du tableau.

 

Maurice izard ne peint pas pour ceux-là. Ce qu’il dit, c’est pour la joie d’aimer, de regarder la vie, la terre et le soleil. Peut-être les visages qu’il nous propose ont-ils le souvenir d’une tristesse ou d’une solitude. Mais au bord de la peine approche toujours un sourire prêt à éclore. Ses toiles sont humaines, jeunes et partout la rosée perle aux yeux qui nous regardent. On la devine dans ses paysages et son humide sensation transpire dans les nus qu’il découvre à nos sens.

 

Maurice Izard est un sage. Cet enfant du Languedoc n’a d’autre école que son cœur et le frémissement des êtres qu’il nous livre “

 

Texte de Guy Laborderie (+) pour l’exposition du Havre en 1955

 

Puis, avec un autre des collaborateurs, Daniel de Vogelas, il tente l’aventure d’une association. Ainsi naissent les « Maquettes I-D », rue Oberkampf, qui profiteront du succès des architectes pour lesquels elles seront réalisées. Sans rejeter jamais l’espoir de reprendre son destin d’artiste, poussé par la société, l’âge, le besoin de rompre la solitude mais aussi de vivre avec la femme dont il rêve et qu’il peint depuis des années, il épouse, le 30 avril 1957, Nicole Labeyrie, Toulousaine, dessinatrice et décoratrice et exerçant la profession d’étalagiste d’un grand magasin de Toulouse. Le couple vient à Paris, rue de l’Exposition. La Société I-D se porte bien malgré quelques écarts de son associé. Maurice vend également quelques toiles à New York (dont deux toiles vendues aux enchères à la galerie Parket-Bernet) et l’une de ses peintures figure alors sur la cote mondiale des œuvres d’arts (Nature morte à la cafetière sur fond rouge). Nicole travaille alors pour la succursale de Paris (Société Paris-France). Puis les événements vont se précipiter. Nicole est enceinte : Jean-Pierre Izard naît à Toulouse, le 4 octobre 1959. La mère et l’enfant restent alors en province quelques temps.  1960, les maquettes I D disparaissent et la galère recommence au plus mauvais moment. Maurice envisage alors de revenir à Toulouse. Son ami Joseph Migotto va dénouer la situation; un travail à Cinéma Nouveau qui réalise les génériques pour Jean Mineur, et un appartement plus grand, rue du Mont Cenis. Le plus important est assuré. Nicole revient à Paris avec Jean-Pierre. La famille déménage et, bientôt, la réalité impose un nouveau sacrifice : Jean-Pierre est placé en nourrice car Nicole reprend son travail à la société Paris-France. Les fins de mois sont difficiles. Maurice est pris dans l’engrenage de la vie quotidienne qui l’éloigne, peu à peu, de ses aspirations premières. Il continue à peindre pourtant « des paysages largement brossés » (J Micoine) « dont les tonalités reflètent ses états d’âme ». 


En 1962, un autre ami Bernard Jolivet ( dont la mère travaille à la Maison de la Radio) lui signale que la Radio-Télévision française (ORTF) lance un concours pour recruter des peintres décorateurs. Le dossier, les références,  ne peuvent éviter l’épreuve ; la réalisation d’un fond de décor en trois jours, épreuve qu’il s’affranchit avec succés.

 

C’est ainsi que Zizi entre, en 1962, « à la Télé » il sera responsable plus tard du département maquettes avec son collègue Jacques Brulé, aux Buttes Chaumont (future SFP).

 

Le format, la technique et les instruments de réalisation sont bien loin de sa formation , mais plus proches, tout de même, de ses goûts, de son sens de la composition, de sa créativité naturelle. Le monde du spectacle, excessif, exubérant, exigeant et toujours pressé, le navre et le ravi à la fois. Il aime cette fermentation de la création, cette excitation de la mise en œuvre, cette fièvre des finitions et cet œil du cyclone où viennent se réfugier toutes les inquiétudes. Son ami Jean Micoine, qui travaille à titre indépendant pour la Télévision, le rencontre assez fréquemment et note qu’il est « heureux ». En effet, sa carrière de peintre-décorateur et de maquettiste à la Télévision sera marquée à la fois par un grand nombre de moments heureux passés avec des collègues d’exception, dont Paul Martineau, Pierre Consael, Jacques Léger, Paul Rovarino, et Jacques Brulé, pour ne citer qu’eux, et par de nombreuses satisfactions personnelles à travers ses réalisations qui furent appréciées et reconnues (décors pour le Grand Echiquier présenté par J Chancel, maquettes pour « Le village dans les nuages » de Christophe Izard, affiches pour les « Peintres du spectacle », …)


 

 


 

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Maquette pour tournage à la télévision (1965-1966)

 

 

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Exposition des « Peintre du Spectacle » organisée par l’ORTF à la Maison de la Radio. Maurice participera à ces expositions qui se sont déroulées entre 1970 et 1974. Il sera lauréat des concours d’affiche organisés à ses occasions.

 

 

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En 1972, il reçoit pour ses travaux  à l’ORTF la médaille d’argent des Arts Sciences et Lettres de la Ville de Paris.


 

 

Première affiche réalisée pour l’exposition

des Peintres du Spectacle en 1970 => 

 

     

 

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<=  Affiche réalisée pour la deuxième année des Peintres du spectacle (reproduction ici de la couverture du catalogue de l’exposition). Le «Don Quichotte artiste» sera retenu pour les expositions suivantes de 1972 à 1974.

 


  

 

 

 

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Triptyque réalisé pour le tournage « Les Rois Maudits » (1972)     =>

   

 

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Salons de la Maquette organisés à l’époque au CNIT La Défense (année 85): Stand de la SFP représenté par Maurice et son collègue Jacques Brulé (en veste blanche). En fond maquette pour l’émission “Temps X” des frêres Bogdanov

 

  

 

Lorsque Maurice Izard prend sa retraite après 25 ans de service public, il peut certes, regretter de n’avoir pas construit l’œuvre qu’il avait souhaitée, celle que ses professeurs et amis attendaient. Mais il ne désespère pas. Après tout il n’a que 57 ans et désormais, tout le temps pour combler le retard.  Quel retard ? Expositions à Paris et New-York, cotation internationale, maquettes et décors mis en boite à la télévision, une exceptionnelle affiche pour le Salon des peintres du spectacle (1971, et années suivantes), des ventes assez régulières de paysages et natures mortes et la réserve d’un certain nombre de toiles réalisées depuis 1946, n’est ce pas suffisant pour marquer sa place ?

 

De fréquents séjours à Sénaillac-Lauzès lui sont indispensables pour relancer l’activité artistique dont il avait « oublié » les contraintes et les aléas. Dans la quête de la pureté et de l’expression dépouillée, comme il l’avait fait, jadis, pour le dessin avec les monotypes, il aborde l’abstraction. Il est, remarque J Micoine, « dans la filiation des grands abstraits des années 50 surtout le peintre d’origine russe Poliakof mais dans une pâte plus grasse et des couleurs plus mélodieuses. C’est là que l’on retrouve le musicien qu’il n’avait jamais cessé d’être ». Zizi a repris aussi le violon et se plaît à travailler avec Henri Sigrand, ami et violoniste amateur, à la retraite à Sénaillac-Lauzès.

     

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Exposition Fondation Coubertin 1996 - Maurice

avec Eva Demarelatrous et Jean Micoine

  

1996 sera sa dernière année. Il expose deux toiles à la Fondation Coubertin (avec un groupe où figure Jean Micoine). Le 4 août naît Antonin, son petit-fils (mariage de Jean-Pierre avec Malika en 1992). Joie, bonheur, hélas éphémères car Zizi meurt, le Jeudi 19 septembre, à la veille de l’Automne et de la Saint Maurice. Ses obsèques, dans la petite église de Sénaillac, seront marquées par l’interprétation d’œuvres choisies par son ami violoniste.

 

Le cimetière où il repose, au bas du village, fait figure de havre de paix. Mais son âme est ailleurs, dans le cœur de ses nombreux amis et dans les yeux de tous ceux qui, un jour ou l’autre, approcheront de l’une de ses œuvres « toujours sages et calmes «  (J Micoine)

 

Texte d'après J Boutonnet

 

 


 

 

 

 

 

 

  


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